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  • : Le blog de j. DRIOL
  • : à la mémoire de Bruno ROQUET le blog de anciens du CERP de Bergerac
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 10:45



Après une brillante carrière de controleur, il fait ses valises pour la compagnie Air France.
Jacques aux commandes de son 747-400




Je me souviens…

 

Dans les années 1971 à 1976 , Bergerac a été , pour moi ,l’essentiel …Aujourd’hui le site de Jacques et les rencontres amicales de cette année , suite a un retour partiel au Sud Ouest on ravivé les souvenirs , et ça n’a rien de nostalgique ,alors c’est parti pour l’exercice classique de « je me souviens » :

 

Je me souviens de l’odeur de la salle de pliage et des « la séance de saut ne commencera qu’une fois le hangar balayé! » ,vous imaginez ça aujourd’hui ?

 

Je me souvient des 6520 ,de l’estrope de cheminée, de la suspente inférieure intérieure gauche qu’il fallait prendre pour plier les fuseaux , et des sangles d’affichage sur lesquelles il fallait tirer après l’ouverture pour faire avancer le bazar.

 
Je me souvient des roulés-boulés arrière droit .

Je me souviens de la peur de mes premiers sauts .

Je me souviens de la première poignée témoin réussie et de mon premier commandé , comme si c’était hier ,pas de KP3 ni de cyprès .

 

Je me souviens du Broussard ,de la porte qu’il fallait faire coulisser doucement au risque qu’elle s’envole , de la cigarette de Martincourt dont il enlevait la cendre par son hublot coulissant . Et du ventral qu’il fallait enlever si on était assis a droite du Pilote . Le baron disait que si on savait passer la porte du Broussard on pouvait passer partout , je confirme.

 
Je me souvient qu’on criait : « Coupez » et qu’on entrait dans l’univers parallèle de la Chute et du Vol .

Je me souviens des largages vent arrière a la verticale de la Dordogne face aux binos.

Je me souviens ,qu’a cette époque reculée ,Bergerac était le temple mondial de la Voltige ,discipline aujourd’hui quasi disparue ; nos grands prêtres s’appelaient Armaing , Rajade De Gaillande Soyer …

 
Je me souvient de la 5B (là, seuls quelques puristes de la voltige de ces années doivent s’en souvenir), position qui fut l’emblème de ce centre ,Jean Claude fut Champion du Monde en l’utilisant . Et je me souvient du harnais que nous serrions a mort dans l’avion ,dans l‘espoir souvent vain de rester groupé dans les tours, nous faisant marcher en canard jusqu’à la porte de l’Antonov ,mais tout le monde ne peut pas être Champion du Monde ...

 
Je me souviens de ce matin glacial d’hiver ,grand beau dehors,et de Charlie Leroux , tout seul dans la salle de pliage,un bonnet sur la tête, pliant comme un fou son papillon pour ne pas rater le premier avion . Ou est il Charlie ?

 
Je me souvient de Monsieur Prik bien sur ,que seuls ses vieux amis des temps héroïques tutoyaient . On l’appelait entre nous et avec affection et peut être un peu de crainte « Papa Shulz » . Qu’aurait été Bergerac sans lui , sans la confiance qu’il donnait aux plus jeunes leur confiant un avion a larguer ,sans ses idées innovantes et son organisation qu’on trouvait sans doute un peu rigide ,mais enfin ça marchait .


Je me souviens des meetings les week-ends , et du Cousin qui faisait l’article a la sono ; et des sauts sur l’eau en 6520 et maillot de bain visant une mare perdue au milieu de forets du Périgord ,j‘en connaît qui ont fini dans les branches ou dans les blés avec combinaison de plongée et palmes …

 

Je me souvient du lâcher du siki ,le matin des coupes Lajus .


Je me souvient de nos pilotes de

 

 l‘époque ,Martincourt bien sur et de ses parties de jet de pièces sur la table de pliage ,et de son mécanicien Marcel qui l’accompagnait dans ses missions en Pologne pour nous ramener l’Antonov .Et je me souvient de Félix , de son Broussard et de sa terrasse au Tortoni , et du coup qui le rendit célèbre en Afrique du nord .Et aussi de Maussire et de son Auster et de Moulinier dont on dut un jour évacuer le Broussard a 500m pas très loin du pont de Cours de Pile. Et aussi de la barbiche de Galiero qui était aussi para et instructeur .

 

Je me souvient des dîners au Tortoni et des repas chez Momon a six francs ,(c’était aussi le prix d’un saut en OA a l’époque ) et des bains de minuit dans la piscine de Bergerac.

Je me souviens de la musique dans le hangar qui était en ce temps là souvent militaire, et je me souviens que je n’aimais pas ça.

Je me souviens des 14 tours d’hélice qu’il fallait brasser le matin avant de démarrer les 1000cv de l’Antonov dans un nuage de fumée blanche .

Je me souvient du sourire de Jean Jacques Rajade lors de mon premier saut .

Je me souvient de Jean Louis Acquier , qui a marqué tous ceux et celles qu’il a connu .

Et de Chauvet qui disait avec justesse : " la PA c’est 50% d’observation" 
Je me souviens ,et mon dos aussi , de nos arrivées plein pot vent arrière dans le gravier ,visant le carreau qui faisait alors 10cm et n’était pas électronique.

 

Je me souvient des stages UCPA (j’y ai rencontré mon épouse!) , des piaules l’hiver avec Delmouly le CRS gauchiste qui nous passait ses cassettes démoralisantes de Leonard Cohen , de la caravane à Pierre Gerbal , et d’un certain été sous ma tente ...

 

Je me souvient du bruit que faisait le tube Citroen en arrivant devant le hangar .

Je me souviens de nos premiers relatifs , on disait « travail «  relatif a ce temps la , les Cenobites et quelques autres on changé ça en plaisir , maintenant on dit fun...


Je me souvient des stagiaires étrangers , notre ami Yoshi ,et puis les Italiens , les Belges et leurs PTCH (Parachute Tchèque que quelques fondus ont utilisé à Bergerac), nos amis Anglais amenant les premières ailes , il y en avait une bizarre dont la temporisation se faisait avec un piston a huile.

 

Je me souviens de la longue drisse du Paraplane .


Je me souvient des paravolts , une révolution à l’époque après les sacs « 15 » et « 11 », et des para-sleds, utilisés avec plus ou moins de bonheur par Pierre et Patrice.

Je me souvient des fondus de la base de Mérignac : Leroux , Durazzo, Chauvet, Le Baron, Gascar…

Je me souvient du meeting terrible d’ Arcachon ou on larguait au chrono sur le bassin , avant les ailes , et on a mis des paras partout , dans les flaques sur la plage , dans la dune et dans les jardins derrière. La une de Sud Ouest du lundi a montré l’un d’entre nous ( dont je tairai le nom par charité) en haut du plus grand pin de la plage Pereire !

 
Je me souvient du dernier saut le soir…

Je me souvient des jours entiers de mauvais temps ou on restait là quand même .

Je me souviens de 1 2 3 4 5 Zob !

 
Je me souviens …


Depuis j’ai sauté un peu partout ,connu pleins d’amis chers ,et même présidé la Fédé , je suis toujours dans le ciel ,mais Bergerac ,ça reste a part.

Était ce bien parce que nous étions jeunes ?

Pas seulement ,c’était un paradis Bergerac ,comme dans la chanson « le Sud ».

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commentaires

G
A la recherche des souvenirs que je garde de mes débuts de parachutisme avec l'UCPA, à Roumanieres, je tombe sur le site de Jacques Laffitte, le merveilleux moniteur, à l'oeil affûté, qui m'avait permis de piger comment dériver sans partir en vrille... toutes les photos... un vrai plaisir de me revivre cette période si importante pour moi. Heureuse de voir Jacques en pilote... merci!!
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M
<br /> Merci Jacques de ton merveilleux témoignage.<br /> Il est très très émouvant et me met dans une très grande nostalgie.<br /> L'espace d'un instant j'ai cru me retrouver dans la salle de pliage où chaque week-end je partageais avec vous cette formidable amitié, ce lien fort et vivant que l'on ne pouvait sentir qu'au<br /> "dedans" de nous.<br /> Tu as raison de dire que Bergerac était à part.<br /> Ce lieu a été pour tous ceux qui l'ont fréquenté de très près, un espace magique de rencontres improbables, de dépassement de soi, où cette grande famille de "paras"savait se réunir, rire,<br /> s'exalter, et où le mot "amitié" prenait un sens profond, inaltérable et universel.<br /> Oui, comme tu le dis, Roumanières a été un paradis pour chacun de nous.<br /> N'ayant jamais sauté, (je dois être la seule dans ce cas-là) je n'ai raté aucun week-end ; c'était pour moi, à l'époque de mes 18 ans, ma raison de vivre. J'ai éprouvé à votre contact la puissance<br /> et la qualité de ce qui vous unissait, et partagé beaucoup de vos émotions.<br /> Je rends hommage à vous tous, à vos personnalités si riches, si éclatantes, parfois si extraverties et dérangeantes.<br /> Nous avons vécu du "rare", du très" précieux" humainement parlant.<br /> C'était nos plus belles années.<br /> Je vois que tu es resté près des nuages, tant mieux.<br /> Je te souhaite donc le meilleur entre ciel et terre.<br /> Je t'embrasse ainsi que tous ceux qui se rappellent de moi.<br /> Marylin CHARLOT.<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Bonjour,<br /> <br /> Jean-Louis Acquier, cité dans cet article... quelqu'un aurait-il ses coordonnées pourque je puisse le contacter ?<br /> <br /> Merci d'avance.<br /> <br /> <br />
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J
Salut Jacques,<br /> Débarqué par le plus grand des hasards sur ton site, tu m'as fichu un sacré coup de blues et une grosse lampée de nostalgie. Nous avons à peu près le même âge et le même parcours. Rond, 6520, Olympic, Papillon, Para-plane, Star, Cloud...J'ai fais mon premier saut à Nevers en 73, puis la Ferté, Bergerac, Avignon, Royan etc, etc...Pour moi, Bergerac, c'est une formidable ambiance et des sauts en DC3. De belles fêtes aussi. Je vis à l'étranger depuis dix ans et ne saute plus, mais tout ce que tu racontes est profondément ancré en moi. Inoubliable!<br /> Merci <br /> J.Marc Cara
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M
Un témoignage parmi les plus intéressants de ce blog !<br /> <br /> Cher Jacques, passe à l'occasion sur le studio Copernic, rue Copernic à Paris, qui est mon nouveau point de chute professionnel en ce début d'année.<br /> <br /> Amitiés,<br /> <br /> Michel Prik Junior
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